Mise en place des sites d’insertion musculaire:

1 : segment de l’omoplate non masqué par le
     thorax.
2 : apophyse coracoïde.
3 : base de la coronoïde surmonté par le tubercule
     sus-glénoidien.
4 : tubercule majeur (grosse tubérosité).
4’ :  tubercule mineur (petite tubérosité).
5 : sillon intertuberculaire (gouttière bicipitale).
6 : l’apophyse coronoïde de l’ulna (U).
7 : l’apophyse bicipitale du radius (R).
8 & 8’ : les cloisons intermusculaires latérale (8) & médiale (8’).


           

Fléchir le coude consiste à  amener l'avant-bras vers le bras.

Cette flexion résulte de la contraction de deux muscles principaux, le brachial (br) & le biceps (bi) qui sont représentés sur ce schéma par deux traits distinctifs.

Noter :
- la superposition des deux muscles,
- leur inégalité en longueur,
- l’aspect du biceps passant en pont au-dessus de deux articulations, sans aucune insertion humérale, &
- leur niveau d’insertion distale très près de l’articulation du coude, alors que l’insertion d’origine en est éloignée.


   

- A priori, deux muscles mobilisateurs de deux os disposés sur un même plan doivent être eux aussi disposés côte à côte.
Or, une sorte de loi de l’économie fait que le développement dans en hauteur économise l’espace; ceci est la règle dans la
disposition des muscles des membres en couches superposées



           

Le squelette de face montre que la moitié supérieure du bras (a) est déjà occupée par des muscles de l'épaule.
La moitié distale n'est pas suffisamment étendue  pour l'implantation de deux volumineux fléchisseurs ; cette aire est juste adaptée à la masse du  muscle Brachial (c) destiné au  cubitus; l'insertion d'origine de l'autre, le muscle Biceps, est nécessairement  extra-humérale, elle ne peut se situer que sur l'omoplate. Cette dernière étant tapissée par une nappe musculaire (b), il ne reste de libre que le l’apophyse

Cependant, la face antérieure de l’omoplate qui servirait à son insertion n’est pas disponible, étant déjà tapissée par un groupe musculaire de l’épaule.

Ne restent libres que quelques points d'amarrage situés à la base & au sommet de  l’apophyse coracoïde (d)

 

 

La masse charnue (m) des deux muscles étant sensiblement la même, la différence de longueur portera sur leurs tendons (t).

Par ailleurs, étant trans-huméral, le corps du biceps recouvre et masque en grande partie celui du brachial.

La brièveté de leur bras de levier distal se traduit par leur important volume qui forme le relief de la loge antérieure du bras.

Enfin, les effets du frottement des extrémités distales des deux  muscles contre la face antérieure du coude sont neutralisés par l'interposition d’une  bourse séreuse

 

 

Le muscle Brachial s'étend de l'humérus au cubitus, il s'insère sur la moitié distale du plan ostéo-fibreux du bras constitué par les faces antérieures de l'humérus et les cloisons intermusculaires adjacentes.
Le corps musculaire bien étalé en largeur enjambe l'articulation du coude et se termine sur l’apophyse coronoïde par un tendon court, séparé de la capsule articulaire par une bourse séreuse.

Il occupe le plan profond de la loge antérieure du bras, il sera ainsi masqué par le corps du biceps qui lui est superficiel

Le Biceps constitue le plan superficiel de la loge antérieure du bras.
Il recouvre le brachial, tel un pont musculaire tendu de l’omoplate au radius. L'autre particularité est son double ancrage à chaque extrémité.

Les insertions tendineuses proximales, dénommées chefs court et long, se situent au niveau du bec de la coracoïde et du tubercule sus-glénoidien. Le tendon issu de ce dernier est inclus dans la capsule de l’épaule sans être au contact direct du cartilage articulaire; il rejoint son homologue après avoir coulissé dans la gouttière intertuberculaire enveloppé d’une gaine synoviale.

Noter l'aspect de la coracoïde dont le bec se situe à un niveau plus bas que celui du tubercule sus-glénoidien, ce qui justifie les dénominations long et court chefs

 

Leur fusion des deux chefs constitue une masse charnue dont le volume masque le brachial jusqu’au pli du coude ; la capsule articulaire de ce dernier en est séparée par l’intermédiaire d’une bourse séreuse.
Il se termine par un fort tendon sur la tubérosité bicipitale du radius, et par une expansion fibreuse latérale qui se confond avec l’aponévrose antébrachiale. La tension communiquée à cette aponévrose renforce le tonus de la musculature de l'avant-bras.

* Les schémas suivants illustrent une coupe transversale des deux os de l’avant-bras, passant par le niveau des apophyses coracoïde (ac) & bicipitale (ab).  Noter l’orientation de cette dernière selon l’attitude de la main tournée vers le sol (attitude de pronation), ou vers le plafond (attitude en supination). Autrement dit, la contraction du biceps a pour effet d’associer à la flexion du coude un mouvement de supination.

Observons les gestes schématisés en A & B, il s'agit de saisir un fruit et de le porter vers la bouche;  pour y parvenir, la flexion du coude est évidemment nécessaire. Or, la décomposition de ce mouvement montre qu'il comporte deux séquences : la supination précède et accompagne la flexion du coude. On peut s'en assurer en palpant le relief de la loge antérieure du bras durant l'exécution des deux séquences.

* Enfin, les derniers schémas illustrent la disposition spatiale des deux muscles.

Les muscles fléchisseurs du coude occupent la loge antérieure, disposés l’un au-dessus de l’autre.
La loge brachiale antérieure est représentée par cette coupe transversale passant à mi-hauteur du bras droit.

Deux cloisons membraneuses relient les bords de l’humérus aux téguments superficiels (peau & aponévrose superficielle).
Ce cloisonnement transversal détermine deux compartiments ou loges, antérieure & postérieure,
occupées respectivement par les muscles fléchisseurs & extenseurs du coude.