Vascularisation cérébrale

 

La vascularisation artérielle du cerveau est assurée par deux systŹmes complémentaires: carotidien et vertébral, l’un irrigue la plus grande part de l’encéphale, tandis que l’autre se distribue au contenu de la fosse postérieure et ą la moelle.

Les deux systŹmes sont reliés par des ponts anastomotiques qui encadrent la selle turcique en dessinant un polygone dit de Willis ą partir duquel s’épanouissent les troncs artériels destinés ą l’irrigation distincte des structures corticales et centrales. Il s’agit d’une circulation terminale, ce qui explique la gravité des lésions ischémiques de l’encéphale.

 

* Au stade fŌtal, le systŹme carotidien représente l’unique source artérielle. Chaque carotide interne se subdivise au contact de la base du diencéphale en deux troncs, antérieur et postérieur; de chacun se détache latéralement une collatérale, ce seront les artŹres cérébrales moyenne et postérieure.

Le segment restant du tronc antérieur formera l’artŹre cérébrale antérieure; celui du tronc postérieur se confondra avec son homologue opposé pour former le tronc basilaire.

Par ailleurs, les deux artŹres cérébrales antérieures établiront relativement tôt un pont anastomotique appelé artŹre communicante antérieure.

 

* Le systŹme vertébral est représenté au stade initial par deux artŹres grźles issues chacune d’une sous-claviŹre. Elles grimpent le long du rachis et rejoignent dans la fosse postérieure le tronc basilaire avec lequel elles forment une trifurcation dont la branche intermédiaire sera l’artŹre spinale antérieure.

Enfin, le segment reliant la carotide interne ą la cérébrale postérieure constituera la communicante postérieure ; ultérieurement, l’atrophie progressive de ce tronc carotido-basal entraĒne le développement du systŹme vertébral.

 

* Le périmŹtre du polygone ainsi constitué ą partir de la carotide interne (1) et le tronc
   basilaire (2) est déterminé :

-       en avant par les deux cérébrales antérieures (6) et leur communicante (7),

-       latéralement par les deux communicantes postérieures (4), et

-       en arriŹre par les deux cérébrales postérieures (3) divergeant du sommet du tronc
basilaire.

 

  Ce dispositif anastomotique est variable:
- l’absence de communicantes postérieures crée une indépendance des deux systŹmes carotidien et vertébral.

- la cérébrale postérieure peut źtre trŹs grźle,

- la communicante antérieure peut-źtre absente, ou bien enrichie par une artŹre cérébrale médiane.
Ces aspects n’ont pas de caractŹre pathologique quand ils sont congénitaux, les mécanismes de suppléance régularisent la vascularisation, ce qui n’est pas le cas quand elles surviennent brusquement ą la suite d’une obstruction ou d’une rupture.

 

* Le cadre artériel ainsi constitué est interposé entre le pourtour de la selle turcique et la base du diencéphale circonscrite par le losange opto-pédonculaire.

De ce cadre se détachent de nombreuses branches qu’on peut répartir en deux groupes :

-       les artŹres centrales, courtes, elles perforent la face inférieure du cerveau pour atteindre les structures profondes ;

-       les artŹres corticales, longues cheminent en surface dans les sillons hémisphériques ; ce sont les artŹres cérébrales antérieures, moyennes et postérieures. 

 

Base endocrČnienne

-B: Bulbe
-b: tronc basilaire
-ci: carotide interne
-ma / mm / mp: artŹres méningées ant., moy. et post.
-o: artŹre ophtalmique
-s siphon carotidien

 


Polygone de Willis tracé autour du losange opto-pédonculaire

Aspect ventral du tronc cérébral et du losange opto-pédonculaire

-aci:   artŹre cérébelleuse postro-inf.
-acm: artŹre cérébelleuse moy.
-acp: artŹre cérébrale post.
-acs: artŹre cérébelleuse sup.
-ap:  artŹres pontiques
-asa: artŹre spinale ant.
-av:  artŹre vertébrale
-ci:  carotide interne
-cp:  communicante post.

 

 

Le polygone baigne dans l'espace sous-arachnoēdien que constitue la citerne opto-chiasmatique. Les communicantes postérieures reposent sur les lames dure-mŹriennes reliant les apophyses clinoēdes de chaque côté.

L’artŹre carotide interne irrigue la partie antérieure du cerveau ainsi que l’orbite et son contenu.

Elle se dégage de la carotide primitive ą la hauteur du cartilage thyroēde, niveau correspondant ą la quatriŹme vertŹbre cervicale.

Son trajet vers la cavité crČnienne est trŹs sinueux. En effet, elle transite par le canal carotidien creusé dans le rocher en décrivant deux coudes, devient intracrČnienne en pénétrant dans le sinus caverneux au sein duquel elle longe le flanc du sphénoēde, puis elle en émerge en marquant un dernier coude qui l’oriente en arriŹre et en haut (siphon carotidien=s) et se termine en dedans de la clinoēde antérieure, ą l’aplomb de l’espace perforé antérieur. Son calibre est de 9mm en moyenne.

 

-ca: cérébrale ant.
-ch: Choroēdienne ant.
-ci: carotide interne
-cm: cérébrale moyenne (sylvienne)
-cp: communicante post.
-Cp: cérébrale post.

De la convexité antérieur du siphon se détache son unique collatérale, l’artŹre ophtalmique (o).
Elle se résout en quatre artŹres terminales: les cérébrales antérieure et moyenne, la choroēdienne antérieure et la communicante postérieure.

L’artŹre vertébrale irrigue la portion postérieure de l’encéphale et en partie la moelle.

Elle se détache de la sous-claviŹre ą la hauteur de la premiŹre vertŹbre thoracique; elle rejoint le plan vertébral, monte ą travers les canaux transversaires ą partir de C6 ou C5 jusqu’ą la charniŹre, traverse le triangle musculaire de Tillaux et passe dans la fosse postérieure en empruntant un interstice entre les ligaments occipito-atloēdiens. Elle contourne en spirale le flanc du bulbe, monte contre sa face ventrale et se termine en regard du trou borgne en s’anastomosant avec son homologue en formant le tronc basilaire. Son calibre ne dépasse pas 4mm.

-1: Tronc brqchio-céphalique gauche
-2: A. carotide primitive
-3: A. sous-claviŹre
-4: tronc thyro-bicervico-scapiulaire
-5: A. vertébrale

Plan profond de la nuque

-a: muscles petit et grd droits post.
-b: muscle petit oblique
-c: muscle grd oblique
1: artŹre vertébrale
2: grand nerf occipital d'Arnold

Le trajet de l'artŹre vertébrale au niveau de la charniŹre occipiro-vertébrale se
projette au fond du triangle de Tillaux, délimité par le plan profond
des muscles occipitaux droits et obliques.

 

 

 

1,2,3: pédoncules cérébelleux sup., moy., et inf. aprŹs ablation du cervelet
-p: protubérance
- L'artŹre vertébrale (v) contourne la face latérale du bulbe en croisant par devant le nerf spinal (XI), monte en direction du trou borgne, niveau oĚ l'anastomose avec son homologue forme le tronc basilaire. De sa partie moyenne se détache l'origine de l'artŹre spinale antérieure (s).

-1: Muscle long du cou (portion longitudinale)
-2: portion oblique supérieure
-2': portion oblique inférieure
-3: scalŹne antérieur
- Trigone de l'artŹre vertébrale délimité en bleu

-1: artŹre vertébrale gauche
-2: a. spinale antérieure
-3: tronc basilaire
-4: a. cérébelleuse antéro-inf.
-5: artŹres pontiques
-6: a; cérébelleuse antéro-sup.
-7: a. cérébrale postérieure
-8: a. communicante post.
-9: a. carotide interne


 

Ce parcours, bien plus long que celui de la carotide, traverse quatre régions:

- elle occupe au niveau du creux sus-claviculaire le trigone vertébral dont le sommet est représenté par l’apophyse transverse de C6 (repŹre de Chassaignac) ;

- la veine vertébrale, plexiforme, et le nerf vertébral l’accompagnent dans la traversée du canal tranversaire :

- Sa traversée des parties molles de la charniŹre occipito-vertébrale s’inscrit dans le triangle de Tillaux ;

- ą la jonction médullo-bulbaire, elle croise par-devant les racines médullaires du nerf spinal (XI) dont elle est séparée par le ligament dentelé, puis se dirige vers le sillon médian du bulbe en croisant le nerf hypoglosse (XII), l’olive et la pyramide bulbaires, pour atteindre enfin le niveau du trou borgne.

 

Ses collatérales intracrČniennes irriguent :

    - la dure-mŹre de la fosse postérieure (artŹre méningée postérieure);

-       le bulbe (artŹres du corps restiforme, artŹre olivaire) ;

-       la moelle (artŹres spinales antérieure et postérieure)

    - la face inférieure du cervelet par l’artŹre cérébelleuse inférieure et postérieure (PICA), important repŹre sémeiologique en radiographie.

 

Le tronc basilaire constitue son unique terminale, il résulte de la confluence des deux artŹres vertébrales ą la hauteur du trou borgne. C’est un tronc médian et impair de 3 cm de long, il chemine entre la gouttiŹre basilaire de la protubérance et l’apophyse basilaire de l’occipital; il se termine ą la hauteur du sommet de l’espace perforé postérieur en bifurquant en deux branches terminales, les artŹres céréb­rales postérieures qui prennent part ą la constitution du polygone de Willis.

Auparavant, il distribue des rameaux

- ą la protubérance,

- au bulbe (artŹre de la fossette latérale )

- au nerf auditif (artŹre labyrinthique), et

- au cervelet (artŹres cérébelleuses inférieures et moyenne).

 

Les branches issues des angles du polygone se répartissent en quatre groupes:

- cortical destiné aux circonvolutions cérébrales;

- central pour les noyaux gris centraux;

- choroēdien destiné aux plexus des ventricules cérébraux, et

- basal pour la base du diencéphale.


Le réseau cortical est représenté par les trois paires d'artŹres cérébrales: antérieures, moyennes et postérieures; elles irriguent les faces médiales, latérales et inférieures du cerveau qu'elles atteignent en suivant les scissures ou les sillons. Elles sont sujettes, en raison de leurs flexuosités et de leurs trajets ą de multiples variations.
La vascularisation étant de type terminal, chaque artŹre irrigue un territoire bien déterminé.

 

L’artŹre cérébrale antérieure irrigue la face médiale de l’hémisphŹre.


* Elle se détache de l’artŹre carotide interne ą la hauteur de l’apophyse clinoēde, enjambe le nerf optique et s’engage sous le lobe frontal en direction de la fissure inter hémisphérique. Elle atteint le genou du corps calleux, passe sur sa face supérieure incluse dans le sillon péricalleux ; puis, ą mi-chemin, elle se redresse et parcourt sur la face médiale de l’hémisphŹre un trajet orienté en haut et en arriŹre, en marches d’escalier, passant du sillon péricalleux au sillon calloso-marginal puis au sillon séparant les lobules paracentral et quadrilatŹre ; elle atteint enfin le bord supérieur de l’hémisphŹre oĚ elle s’épuise en de fins rameaux.
Son calibre moyen est de 2,5mm.

-1: espace perforé postérieur , inscrit dans le losange opto-pédonculaire
-2: espace perforé antérieur
-3:face inférieure du corps calleux
-4: tige olfactive
-5: chiasma optique
-a: artŹre striée médiane (de Heubner )
-b: artŹre orbitaire interne (du gyrus rectus)


 

 

-1: a. orbitaire interne
-2: a. striée médiane (Heubner)
-3: a. préfrontale
-4: a. péricalleuse
-5: a. calloso-marginale
-6: a. rameaux du corps calleux
-7: a. rameaux péricalleux
-8: a. préfrontale
-9: a. du lobule paracentral
-10: a. pariétale interne
-11: a. du lobule quadrilatŹre
-12: anastomose avec l'artŹre cérébrale postérieure

-C: incisure du sillon central
-u: uncus de l'hippocampe


- Les artérioles issues de son segment péricalleux se distribuent aux commissures inter hémisphériques (corps calleux et trigone);

- de sa convexité naissent:

- l’artŹre striée médiane de Heubner décrit un trajet récurrent vers l’espace perforé antérieur qu’elle pénŹtre par plusieurs rameaux dont l’un est destiné ą la tźte du noyau caudé;   

- l’artŹre orbitaire interne nait au dessous du bec calleux, elle se ramifie sur gyrus rectus;

 - l‘artŹre préfrontale se distribue ą la circonvolution frontale interne;

- l’artŹre calloso-marginale nait au dessus du genou du corps calleux, elle parcourt le sillon homonyme jusqu'au bord supérieur de l'hémisphŹre. Elle fournit des rameaux pour la frontale interne, au lobule paracentral et la partie supérieure des frontale et pariétale ascendantes.

- l’artŹre du lobule quadrilatŹre se détache de son segment terminal.

- l’artŹre péricalleuse postérieure continue le trajet du tronc principal jusqu’au bourrelet oĚ elle s’anastomose avec un rameau de la cérébrale postérieure.

 

La cérébrale antérieure est variable par son trajet ou par sa distri­bution;

- elle emprunte parfois le sillon calloso-marginale au lieu du sillon péricalleux;

- elle se termine par deux branches, occupant l’une le sillon calloso-marginal, et l’autre le sillon péricalleux;

- inconstamment une artŹre cérébrale médiane nait de la communicante antérieure;

 

L’artŹre cérébrale moyenne, dite sylvienne, est la plus volumineuse des artŹres corticales, elle irrigue la face latérale des lobes frontal et temoral. ­

Elle naĒt du flanc externe de la carotide, son tronc est dans le prolongement du siphon, ce qui favorise l’aiguillage des embolies ą traves elle.

Au segment initial basal fait suite un segment curviligne déroulé au fond de la vallée sylvienne ; le segment suivant est profondément inclus dans la scissure de Sylvius jusqu’ą son extrémité marquée par le lobule du pli courbe oĚ le tronc artériel s’épuise.

 

-1: artŹre orbito-frontale
-2: segment insulaire de l'arŹre sylvienne
-3: segment extra-insulaire
-4: artŹre frontale antérieure
-5: a. préfrontale
-6: a. rolandique
-7: a. pariétale antérieure
-8: a.pariétale postérieure
-9: a. de l'aire angulaire
-10: artŹres temporales


 

Les nombreuses collatérales qui s’en détachent se répartissent en trios groupes:

* les artŹres ascendantes irriguent la face latérale des lobes frontal et pariétal; ce sont: ­

- l’artŹre orbito-frontale distribue ą la base du lobe frontal ą l’exception du gyrus rectus;

- l’artŹre frontale antérieure irrigue principalement F3;

- l’artŹre préfrontale ou pré-rolandique se ramifie dans la FA;

- l’artŹre rolandique, volumineuse, chemine dans le sillon central en irrigant les circonvolutions frontale et pariétale ascendantes, territoire cortical mixte, moteur et sensitif;

- l’artŹre pariétale antérieure émerge en arriŹre de l’opercule rolandique, elle se distribue ą la partie antérieure des circonvolutions P1 et P2, territoire somato-psychique (gnosie sensitive);                     

- l’artŹre pariétale postérieure, grźle, apparaĒt ą l’extrémité de la scissure de Sylvius, son apport vasculaire complŹte l’irrigation des P1 et P2.


* Les artŹres descendantes destinées ą la face latérale du lobe temporal, ce sont les deux artŹres temporales antérieure et postérieure qui se partagent l’irrigation des deux premiŹres circonvolutions temporales :

                                                                                                                                                             

* La distribution décrite est la plus fréquemment observée, elle est de type bifurqué en collatérales ascendantes et descendantes.

- un autre schéma est relativement fréquent, l’artŹre sylvienne se divise dans la vallée en deux troncs, le tronc supérieur des artŹres fronto-pariétales, et le tronc inférieur d’oĚ naissent les artŹres temporo-pariétales dont la volumineuse artŹre de Wernicke;
- rarement la division se fait en un éventail de plusieurs branches terminales;

- enfin, ultime aspect: l’artŹre reste uni tronculaire jusqu’ą sa terminaison au lobule du pli courbe.

 

L’artŹre cérébrale postérieure      

-1:anastomose des artŹres cérébrales ant. et post.
-2: artŹre calcarine
-3: tronc des artŹres temporales postérieures
-4:tronc des artŹres temporales antérieures

 

Issue du systŹme vertébral, elle assure la vascularisation des lobes occipital et temporal.

Elle est une branche de bifurcation en T du tronc basilaire ą la hauteur de la jonction pédonculo-protubérantielle.

Elle contourne le pédoncule cérébral, rejoint la face médiale de l’hémisphŹre oĚ elle va longer la scissure de l’hippocampe et rejoindre la scissure calcarine oĚ elle se termine. Ce parcours, relativement court, décrit un arc de cercle dont le segment antérieur rećoit l’artŹre communicante postérieure.

Ses nombreuses collatérales irriguent la totalité du cortex occipital, le mésencéphale et complŹtent la vascularisation du lobe temporal et des plexus choroēdes.

* Du segment latéro-pédonculaire se détachent :

- les deux artŹres temporales antérieure et postérieure destinées aux gyrus T3, T4 et T5 ;

- Les rameaux pédonculaires ;

-l’artŹre quadrijumelle destinée ą la face tectale du mésencéphale (les collicules supérieur et inférieur) ;

- l’artŹre choroēdienne (v. plus loin)

* l’artŹre calcarine ou occipitale postérieure est la terminale de l’artŹre cérébrale postérieure dont elle continue le trajet, incluse dans la sillon calcarin, elle s’épuise ą l’extrémité du pôle occipital en bouquet de rameaux dont quelques uns vont jusqu’ą la face latérale du lobe. Ces branches se distribuent principalement au cortex visuel ainsi qu'ą la partie inférieure des radiations optiques.

 

Les anastomoses du réseau cortical sont de plusieurs types :

Les anastomoses ą plein canal, sont de gros calibre, elles sont importantes car elles permettent une suppléance et une récupération fonctionnelle en cas d’oblitération d’un tronc, on les observe principalement: ­

- entre les artŹres cérébrales antérieures;

- entre les artŹres cérébrales moyenne et postérieure au niveau de l’incisure supérieure pariéto-occipitale;

- entre les artŹres cérébrales antérieure et postérieure, par l'intermédiaire de l'arc péri-calleux.

- enfin la communicante postérieure garde son aspect embryonnaire trŹs développé, réalise une large anastomose entre les artŹres cérébrales moyenne et postérieure.


Les anastomoses en candélabre sont de petit calibre, elles unissent les parties distales de deux ou trois terminales ą la maniŹre de deux candélabres op­posés; ils sont habituellement localisés dans les sillons frontal supé­rieur et sous pariétal;

Les anastomoses en réseau, encore plus grźles, siŹgent dans la couche profonde de la pie-mŹre ą la surface des hémisphŹres céréb­raux;

 Du réseau pie-mérien disposé ą la surface du cortex (réseau pial), se détachent perpendiculairement un nombre considérable d’artérioles qui se ramifient dans la substance grise et dans le centre ovale. Elles sont de type terminal, de sorte qu’aux confins des territoires cortical et central existe une zone intermédiaire insuffisamment irriguée, siŹge fréquent des foyers de ramollissement sénile et de lacune de désintégration.


Le réseau ventriculo-choroēdien

 

Les plexus choroēdes ont leur vascularisation distincte de de la toile choroēdienne qui est un prolongement intraventriculaire de la pie-mŹre. Cette vascularisation est fournie par les artŹres choroēdiennes.

 

-1: a; carotide interne
-2: tronc initial de l'art. cérébrale moy.
-2': segment sylvien enfoui dans l'insula
-3: tronc basilaire
-3': art. cérébrale post.
-4: art; communicante post.

-a: artŹre choroēdienne ant.
-b: artŹre choroēdienne post.
-c: aire occupée par la corne temporale du ventricule latéral
-d: pédoncule cérébral

 


L’artŹre choroēdienne antérieure se détache de la carotide interne, entre l’origine de la sylvienne et celle de la communicante postérieure. TrŹs grźle (1mm de diamŹtre), elle s’oriente en arriŹre et en dehors, longe la bandelette optique puis le pédoncule cérébral qu’elle contourne, aborde la fente de Bichat contre T5, elle pénŹtre dans la corne inférieure du ventricule latéral, s’épanouit dans la toile choroēdienne qu’elle accompagne dans son trajet en suivant la courbure du ventricule jusqu’ą l’extrémité de la corne frontale oĚ elle se termine ą la hauteur du trou de Monroe. Elle fournit de nombreuses artérioles disposées en traverses qui s’anastomosent avec des rameaux issues de la cérébrale postérieure.

Indépendamment de sa distribution choroēdienne, elle fournit des perforantes aux noyaux centraux et de nombreux rameaux superficiels ą l’uncus, ą la bandelette optique, au pédoncule cérébral et aux corps genouillés.

 

L’artŹre choroēdienne postérieure naĒt de la cérébrale postérieure juste aprŹs l’abouchement de la communicante, elle contourne le pédoncule cérébral, pénŹtre dans la partie moyenne de la fente de Bichat et s’engage dans le plexus choroēde latéral qu’elle accompagne jusqu’au de Monroe.

 

L’artŹre choroēdienne moyenne est une collatérale de la cérébelleuse supérieure ou de la cérébrale postérieure. Elle s’insinue entre les feuillets de la toile choroēdien­ne du troisiŹme ventricule, chemine prŹs de la ligne médiane jusqu’ą la tźte du noyau caudé oĚ elle se termine.

Les artŹres perforantes proviennent des réseaux issus du polygone de Willis, elles assurent l’irrigation des structures centrales (noyaux gris, capsules, centre ovale…); ce sont des artŹres de petit calibre, ą trajet rectiligne.

On les répartit en trois groupes d'aprŹs leurs lieux de pénétration ą travers la base du cerveau:

 

- le groupe antérieur provient du tronc principal et des cérébrales antérieures ; leurs rameaux superficiels irriguent le chiasma, le tuber, la région sus optique et le secteur antérieur du 3° ventricule.

Les rameaux profonds pénŹtrent ą travers le tamis de l’espace perforé antérieur, ils se distribuent ą la portion antérieure du striatum et de la capsule. Un de ces rameaux est mieux individualisé, c’est l’artŹre de Heubner, elle se détache du segment initial de la cérébrale antérieure, décrit un trajet récurrent vers l’espace perforé antérieur qu’elle pénŹtre par plusieurs rameaux destinés ą la tźte du noyau caudé.

 


-a et b: perforantes antérieures
-c et d: perforantes intermédiaires
-e: groupe postérieur

cc: corps calleux
-ci: capsule interne
-v: 3° ventricule
-v': ventricule latéral

-1: noyau lenticulaire
-2: noyau caudé
-3: noyaux hypothalamiques
-4: artŹre cérébrale moyenne
-5: artŹres striées
-6: artŹre péricalleuse
-7: artŹre calloso-marginale


 

Coupe frontale du cerveau (Charcot)

- Le groupe intermédiaire provient de plusieurs sources : la sylvienne, la communicante postérieure et la choroēdienne antérieure. Leurs rameaux superficiels irriguent la zone centrale du losange opto-pédonculaire.

Les rameaux perforants constituent le groupe des artŹres striées, ils se distribuent au striatum (noyau caudé et putamen), aux noyaux ventro-latéraux et antérieur du thalamus, ainsi qu'ą la capsule interne.

Les perforantes issues de la choroēdienne antérieure se destinent principalement ą la partie médiale du noyau lenticulaire (globus pallidum).

 

- Le groupe postérieur est fourni par l’artŹre cérébrale postérieure. Deux contingents d’artérioles s’en détachent : les rameaux thalamo-mamillaires, pour les tubercules mamillaires et la région dorsale du thalamus. Le groupe thalamo-genouillé irrigue les corps genouillés latéraux, le pulvinar, le segment rétro-lenticulaire et le bras postérieur de la capsule interne, la portion temporale du noyau caudé, ainsi que les radiations optiques.

 

Les territoires artériels
 

* Le territoire irrigué par la cérébrale antérieure est relativement vaste, il comprend en superficie le corps calleux, le gyrus rectus et l’aire médiale hémisphérique située en aval du cunéus.

Son obstruction s’exprime par deux tableaux cliniques selon le siŹge de l'oblitération:

- le syndrome global dě ą une obstruction de l’origine l'artŹre est fait d’un coma brutal avec troubles hypothalamiques, psychiques, d’une hémiplégie contro-latérale ą prédominance crurale associée ą des troubles de la parole;

- le syndrome partiel, consécutif ą une oblitération en aval de l’artŹre de Heubner, se caractérise par une hémiplégie et des troubles de la sensibilité, sans coma ni troubles psychiques.

 

Coupe frontale (Charcot)

Territoires vasculaires

-1: cortex insulaire
-2: avant-mur
-3: putamen
-4: globus pallidus
-5:capsule inter (bras antérieur)
-5': bras postérieur
-6: noyau caudé (tźte)
-6': noyau caudé (queue)
-7: corps calleux (genou)
-7': corps calleux (bourrelet ou splenium)
-8: scissure calloso-marginale
-9: scissure péricalleuse
-10: scissure calcarine

Territoires encadrés en:
- rouge: artŹre cérébrale antérieure
- violet: artŹre cérébrale moyenne
- en vert ; artŹre cérébrale postérieure
- en bleu: artŹre choroēdienne antérieure


Coupe horizontale (Fleshig)

 

* Le territoire de la sylvienne est plus étendu, il comprend la partie latérale des lobes frontal, pariétal et temporal; il est centré sur la région rolandique, ce qui explique que l’obstruction de cette artŹre détermine le syndrome sylvien qui se manifeste par l'un des deux tableaux suivants:

- Le syndrome sylvien profond lié ą l’atteinte du territoire des artŹres perfnorates se traduit par une hémiplégie contro­latérale sévŹre, globale et proportionnelle, associée ą une aphasie de type Broca quand l’ischémie siŹge dans l’hémisphŹre dominant. Bien que la cérébrale antérieure ne soit pas impliquée, le déficit moteur porte également sur le membre inférieur, la capsule interne étant irriguée par les rameaux striés provenant de la sylvienne.

- L’aphasie de type Wernicke avec apraxie, troubles du schéma corporel et hémianopsie, lorsque la lésion siŹge dans la partie postérieure du territoire irrigué par les branches temporales dont les rameaux profonds vascularisent les radiations optiques;

- Le globus pallidus ainsi qu'une partie de la tźte du noyau caudé sont irriguée par l'artŹre choroēdienne antérieure, branche de la sylvienne.

 

* Le territoire de l’artŹre cérébrale postérieure est relativement réduit, il comprend le lobe occipital, une partie du lobe temporal (face inférieure et T3) et la moitié médiale du thalamus.

Son obstruction se manifeste par la constance des troubles visuels.

- Le syndrome global dě ą l’obstruction du tronc est rare; il est fait d’une hémianopsie homonyme, une hémi-parésie avec anesthésie, un hémi-syndrome thalamique, une aphasie type Wernicke, alexie, agnosie visuelle et cécité psychique quand l’hémisphŹre prédominant est atteint ;

- le syndrome partiel, lié ą une lésion de l’artŹre calcarine, se traduit par une hémianopsie totale ou en quadrant (supérieur ou inférieur), selon que l’obstruction porte sur le tronc de cette artŹre ou seulement sur quelques uns de ses rameaux. L’obstruction bilatérale réalise la cécité corticale.

 


Anatomie radiologique

Les images obtenues par l'artériographie cérébrale reflŹtent la topographie et la distribution des troncs artériels. La voie intra-carotidienne permet de visualiser la distribution des artŹres cérébrales antérieures et moyenne, celle de la cérébrale postérieure est obtenue par injection de l’artŹre vertébrale. L'interprétation se fait sur l'analyse des clichés de face et de profil,

 

* Les images de profil du réseau carotidien mettent en évidence:


- le siphon carotidien qui se projette en forme de S entre la selle turcique et l’orbite, de sa convexité supérieure se détache l’artŹre ophtalmique, de sa convexité inférieure part vers l’arriŹre la communicante postérieure;

- l’artŹre cérébrale antérieure décrit une double courbure d’oĚ naissent deux collatérales (fronto-polaire et calloso-marginale ; elle se continue au-delą par l’artŹre péricalleuse.

- Du segment concavel’artŹre sylvienne et ses deux segments:

. se détache le tronc de l’artŹre en candélabre qui se résout en trois branches: frontale, rolandique et pariétale;

. le court segment sus-jacent s’épanouit en un bouquet de trois artŹres sinueuses et ascendantes identifiées de haut en bas en artŹres pariétale postérieure, celle du pli courbe et l’artŹre temporale postérieure.

 

Artériographie carotidienne de face et de profil

-1: carotide interne
-2: siphon carotidien
-3: a. cérébrale moyenne (sylvienne)
-3': a. en candélabre branche de la (sylvienne)
-4: a. cérébrale antérieure
-5: artŹre ophtalmique
-6: a. cérébrale postérieure
-7: a. choroēdienne antérieure
-8: a.fronto-polaire
-9: a. péricalleuse
-10: a. callososo-marginale
-11: a. pariétale post.
-12: a. du pli courbe
-13: a. temporale post.

* Les images de face montrent:


- le siphon carotidien, projeté au-dessus et en dedans du toit de l’orbite et ses deux branches: médiale (cérébrale antérieure) et latérale (sylvienne);

- la sylvienne décrit un trajet d’abord horizontal et latéralisé, puis se redresse et se divise en ses terminales;

- La cérébrale antérieure se dirige vers la ligne médiane aprŹs un court trajet horizontal, redevient verticale, formant l’axe artériel du cerveau vu de face. Parfois, la cérébrale antérieure du côté opposé s’injecte en mźme temps, quand la communicante antérieure est courte et suffisante, les deux cérébrales antérieures cheminent alors côte ą côte, de part et d’autre de la ligne médiane.