Les Voies de la Sensibilit Gnrale
IĦ - Schmas
prparant au texte
Les deux
schmas suivants serviront comme canevas de traage des voies de transmissions
des influx gnrs par les rcepteurs.
|
fig. 01 |
|
Schmatisation
du nvraxe, de profil & de face, ce dernier est jointe une coupe
horizontale de la moelle; sont
reprsents : - fig.01 :
les quatre tages du nvraxe, le tronc crbral (tc) interpos entre le
cylindre mdullaire (m) et le diencphale (D), au niveau hmisphrique le gyrus
post-central (gpc) du cortex parital - fig.
02: les racines dorsales des nerfs rachidiens aboutissent aux cornes
postrieures de la moelle. Chaque racine porte le renflement de son ganglion
spinal (gs) ; Les cornes
postrieures se prolongent dans le tronc crbral par une double colonne de
substance brise (cg). |
|
Considrons une stimulation du
dos de la main par un lger toucher, marquons dĠun trait continu le trajet
parcouru par lĠinflux, du rcepteur cutan (R) au cortex parital. Supposons que la transmission de
lĠinformation soit assure par un seul neurone, en lĠoccurrence une cellule
en T dont le corps - situ hors du nvraxe – est contenu dans le
ganglion spinal; son prolongement distal est au contact du rcepteur, tandis
que le prolongement central pntre dans le nvraxe et monte en direction de
lĠaire corticale. 03 |
|
A
priori, une telle liaison est fonctionnelle et conomique.
Or, le
nvraxe nĠest pas organis en systme bipolaire, connectant directement un site
priphrique une aire corticale,
tout en excluant les structures
intermdiaires du contenu des informations qui transitent par elles.
|
fig. 04 |
En effet, lĠorganisation du
systme nerveux central est faite de manire communiquer aux tages interposs
entre les deux ples ÔcopiesĠ de toute information quĠelle soit dcode ou
non. Ce processus de ÔdistributionĠ de
lĠinformation dfinit ce quĠon dsigne par le terme dĠintgration. |
L'intgration de lĠinformation
suppose donc l'existence de nÏuds d'aiguillage appels relais ou noyaux. Il
sĠagit dĠagglomrations de neurones qui assurent la rception et la
distribution de lĠinformation en usant de structures de communications appeles
synapses.
Deux relais au minimum (A) interviennent dans dĠintgration des messages
sensitifs:
|
fig. 05
|
fig.06
|
* le relais distal (rd)
est la colonne de substance grise qui comprend la corne postrieure de la moelle et
son prolongement dans la calotte
du tronc crbral ; * le relais proximal (rp)
est diencphalique, il occupe une grande part du ple postrieur du thalamus. L'existence de relais suppose
donc un mode de transmission travers une chane neuronale comprenant au
moins trois lments communiquant par deux articulations synaptiques. Ces neurones (fig. 06) sont
identifiables par lĠemplacement de leurs corps cellulaires: - celui du neurone de 1er
ordre, priphrique ou protoneurone (1) est situ hors du nvraxe,
dans le ganglion spinal; - le corps cellulaire du neurone
de 2me ordre,
intermdiaire ou deutoneurone (2), il sige en un point du
relais distal; - celui du neurone de 3me
ordre ou central (3) est situ dans le relais thalamique. |
Le trac
de ce circuit tri neuronal sur le canevas du nvraxe de face va mettre en
vidence un fait primordial
quant
la transmission dĠun massage ou dĠune instruction travers lĠaxe nerveux
central.
|
La transmission du
message sensitif comporte une dviation mettant en communication un relais
distal (rd), quĠil soit situ dans la moelle ou le tronc crbral, avec le relais
thalamique (T) du ct oppos. La dviation porte
sur le deutoneurone (2), cĠest son cylindraxe qui croise
la ligne mdiane un niveau du nvraxe compris entre les deux relais. Ce
croisement des fibres - appel dcussation - aiguille l'information issue
d'un rcepteur dĠun hmicorps vers le cortex parital de lĠhmisphre
controlatral. |
fig. 07 |
Les rcepteurs
cutans :
Ces structures occupent les
extrmits des prolongements priphriques des protoneurones ; ce sont des
transducteurs, cĠest dire quĠelles transforment en influx nerveux les stimuli
auxquels elles sont soumises. Les caractristiques de cette rponse dpendent
de la nature des stimuli (mcaniques ou chimiques), de leur efficacit, de leur
dure, etc.
Elles se prsentent sous deux
aspects :
- en terminaisons libres, en
filaments tals en bouquets (4), enrouls autour des racines de poils ; ou
- englobs dans une capsule
pithliale dont la dformation mcanique dclenche la dcharge dĠinflux.
Les
rcepteurs sensibles la douleur appartiennent au premier groupe, ce sont des
fibres extrmement fines et dpourvues de mylines.
Ils sont
sensibles aux stimulations thermiques ou mcaniques intenses ; aux effets
destructeurs des substances libres par les tissus
enflamms
ou endommags.
|
fig. 08 |
Les principaux rcepteurs cutans
se rpartissent en deux groupes selon leur degr dĠadaptation aux
stimuli. : * Les
rcepteurs adaptation lente
maintiennent leur dcharge dĠinflux tant que dure
la stimulation, cĠest le cas des rcepteurs de Meissner (glissement sur la peau)
et Pacini (vibration). * Les
rcepteurs adaptation brve, tels
le disque de Merkel (pression tactile) et le
corpuscule de Ruffini (identification
tactile) arrtent leur dcharge dĠinflux, bien
que la stimulation soit constante ; lĠexemple est celui des sous-vtements que
nous portons dont le frlement nĠest plus peru aprs un bref moment. ______________________________ a :
piderme / b : couche
Malpighi / c : derme
superficiel / d : derme
profond 1 :
terminaison libre / 2 :
disque de Merkell / 3 : c. de Meissner
4 : rcepteur vasomoteur / 5 :
c. de Pacini / 6 : c. de Ruffini |
Les
relais sensitifs sont agglomrations de neurones rpartis le
long des voies ascendantes, ils assurent la transmission synaptique de lĠinflux
gnr par les rcepteurs. Les deux schmas suivants se rapportent leurs
principaux sites. Il sĠagit de coupes transversales du bulbe distal et dĠun
hmi segment de moelle thoracique.
* La corne dorsale est rgulirement fusiforme. On lui dcrit partir de la priphrie plusieurs formations:
La
zone marginale de Lissauer (a) relie lĠextrmit de la corne dorsale au
sillon postro latral ; cĠest une sorte de couloir longitudinal occup par
les fibres de la sensibilit thermo-algsique.
La
couche zonale de Waldeyer (b) est faite de volumineux neurones, plus
dveloppe aux deux extrmits de la moelle.
La
zone glatineuse de Rolando (c) est constitue de petites cellules
ramifications courtes, elle reprsente le premier relais de la sensibilit
thermo-algsique.
|
fig. 09 |
Le
noyau propre (d), magnocellulaire, est un autre relais de la
sensibilit thermo-algsique). Le
noyau latro-basal de Betcherew (e) est fait dĠinterneurones lĠorigine du faisceau proprioceptif spino-crbelleux
ventral. Le
noyau dorso‑basal est lĠexpression dĠune colonne discontinue
dont le tronon mdullaire correspond la colonne de Clarke; cĠest le
premier relais de la sensibilit proprioceptive inconsciente vhicule par
les protoneurones aboutissant aux segments mdullaires de C8 L3,
lĠorigine du faisceau spino-crbelleux dorsal. *
Les relais bulbaires de la sensibilit gnrale figurent sur le schma de
droite. Au nombre de quatre, ce son les noyaux gracile (a), cuniforme (b), trigminal (c) et cuniforme
latral ou noyau de von Monakow (cĠ). Ce
dernier noyau est lĠquivalent bulbaire de la colonne de Clarke, cĠest le
premier relais de la sensibilit proprioceptive transitant par la moelle
cervicale. |
fig. 10 |
Le protoneurone ou neurone priphrique
relie le rcepteur au premier relais situ dans la moelle ou le tronc crbral.
Son
corps cellulaire en T est contenu dans le ganglion rachidien, hors du nvraxe.
Il est lĠaplomb de la jonction de ses deux prolongements fibrillaires :
le
prolongement priphrique provient de rcepteur, il se continue sans
interruption avec le prolongement central qui aborde la moelle par le sillon
collatral postrieur.
Ces
fibres neuronales se distinguent par leurs calibres, leur degr de
mylinisation, la vlocit de leur conduction, ainsi que par le la nature des
stimuli gnrateurs de lĠinflux (tact, pression, vibration, temprature,
irritation, etc.). Elles se rpartissent en trois groupes : A, B & C
- Les fibres du groupe A sont pourvues dĠune gaine de myline. On les subdivise en :
Les fibres alpha (a), paisses dĠune vingtaine de m, transmettent les informations
proprioceptives conscientes renseignant sur la position et lĠorientation des
segments corporels. (A titre comparatif, le lymphocyte mesure 5µ
de diamtre, celui des cellules pyramidales atteint 170µ).
Les fibres
beta (§), dĠune quinzaine de m dĠpaisseur, vhiculent les stimuli tactiles
picritiques et discriminatifs. Les impressions recueillies permettent de
Reconnatre,
par exemple, par le toucher un objet les
yeux ferms.
Les fibres delta (ĥ), dĠune demi-douzaine de m transmettent les impressions de froid et le pic de la douleur vive et immdiate. Leur conduction est rapide.
- Les fibres C, les plus fines, amyliniques, leurs calibres ne dpassent pas 1 m ; leur rcepteur est rduit une simple extrmit libre. Elles transmettent, vitesse lente, les sensations de chaleur et de douleur tardive ou lancinante.
- Enfin,
les fibres I / II sont les plus paisses ; elles proviennent du
systme locomoteur, elles projettent sur le cervelet les informations relatives
lĠtat
des
muscles et des tendons en rponse aux contractions.
-
Les fibres B appartiennent au systme neuro-vgtatif, hors de notre propos.
|
1- En abordant la moelle, les axones des protoneurones se rpartissent en deux contingents de
fibres : - Le contingent mdial
comprend les fibres (Aa, A§ et I/II)
paisses, mylinises et conduction rapide, elles longent le bord interne
de la corne postrieure. - Les fibres Aa, A§ passent
directement dans le cordon
postrieur qui les guide vers leurs relais bulbaires
(noyaux : gracile et cuniforme) ; elles
transmettent la sphre
consciente les
impressions proprioceptives et tactiles. - Les fibres I/II
appartiennent au systme de la
sensibilit proprioceptive inconsciente que nous
dtaillerons plus loin. - Les fibres fines (Aĥ et C) forment le contingent latral. Elles
abordent la corne postrieure en restant dans la zone marginale de Lissauer
o elles se subdivisent en rameaux ascendants et descendants, lĠensemble
forme le tractus marginal de Lissauer. Ces branches parcourent un trajet
relativement court, correspondant en hauteur deux ou trois segments
mdullaires avant dĠatteindre leur relais reprsent par le noyau propre.
Elles transmettent les impressions thermiques et douloureuses. La conduction plus lente des fibres C serait lie lĠinterposition
dĠun interneurone sur leur trajet, entre la zone glatineuse et le noyau
propre (schma de droite). ____________________________ a : zone
de Lissauer / b : couche
zonale de Waldeyer / c : substance
glatineuse de Rolando cD :
cordon dorsal / cL : cordon
latral / cV : cordon ventral/ d : noyau propre / e
noyau de Betcherew / f :
noyau de Clarke / * : noyau gracile / ** :
noyau cuniforme fig.
11 |
fig. 12 |
2- Autre particularit, elle
concerne le protoneurone de la sensibilit tactile (A§); son cylindraxe met, ds son
entre dans la moelle, une branche descendante qui se termine dans un relais du
segment mdullaire sous-jacent o elle fait synapse (fig.
13):
- soit avec un motoneurone,
composante dĠun arc rflexe (fig. 14),
- soit avec un interneurone dont la
signification sera prcise plus loin (fig. 15).
|
fig. 13 |
fig. 14 |
fig. 15 |
|
bd : branche descendante / in :
interneurone / mn :
motoneurone / rb : relais
bulbaire / rm : relais
mdullaire / sep :
sensibilit picritique / S & S-1 : deux niveaux segmentaires / Th : Thalamus |
||
3- Les protoneurones de la
sensibilit proprioceptive inconsciente (I / II) proviennent des rcepteurs
inclus dans les structures locomotrices (fuseaux neuromusculaires, organes tendineux de Golgi, capsules
articulaires). Ils
se terminent dans des relais distincts, situs dans la moelle thoraco-lombaire
et dans le noyau cuniforme latral du bulbe. Le tronon mdullaire est la
colonne de Clarke, elle sĠtend en
hauteur entre les segments C8 - L3. Les segments mdullaires au-dessus et
au-dessous de ces limites sont dpourvus de ce type de relais.
|
Le schma de droite reprsente la
partie bulbo-mdullaire du nvraxe. Le segment distal du bulbe est observ
par sa face dorsale, tandis que le cylindre mdullaire est suppos
transparent. Les schmas de gauche reproduit
une coupe transversale du bulbe distal,
et trois niveaux mdullaires: cervical (C5),
thoracique (T5), et lombaire (L5). Les colonnes de Clarke (5)
figurent en gris, de C8 L3, et en T5.
La partie distale du bulbe, en forme dĠY
est faite dĠun tronc mdian en continuit avec la moelle, et de deux
bras orients vers le cervelet, les pdoncules crbelleux infrieurs (pci).
Ce dernier
constitue la base du corps
restiforme (cr) qui correspond
la partie latrale du poncule crbelleux infrieur. CĠest ce niveau que
se situe le noyau cuniforme latral ou noyau de Von Monakow (9), au-dessus et en dehors du noyau cuniforme
proprement dit. _________________________ Les noyaux-relais des premiers protoneurones figurent
sur la coupe du bulbe : 1 & 6 :
noyau gracile / 2 & 7 : n. cuniforme / 3 :
n. trigminal 4 & 8 : n. cuniforme
latral / 5 : colonne &
noyau de Clarke cr : corps rtiforme / cpi : pdoncule crbelleux inf. C1 / T1 / L1 / S1 : repres des segments mdullaires fig. 16 |
|
|
|
á
Les protoneurones I / II destins aux segments mdullaires
thoraco-lombaires aboutissent directement leurs relais situs dans les
noyaux de la colonne de Clarke comprise entre les niveaux C8 & L3. (A) á
Les axones issus de lĠappareil locomoteur contrl par la moelle distale,
au-dessous du niveau L3, doivent monter dans le cordon postrieur pour
atteindre un relais situ plus haut ; (B) á
Quant aux fibres destines la moelle cervicale, au-dessus du niveau C8,
elles empruntent de manire
similaire le cordon postrieur jusquĠau bulbe o ils se terminent dans le
noyau cuniforme latral. (C & D) fig. 17 |
Le cordon postrieur de la moelle
est donc occup par les protoneurones Aa, A§ qui se terminent dans leurs relais bulbaires les noyaux
gracile et cuniforme.
|
Les fibres issues des dermatomes dĠun
membre infrieur et dĠune moiti distale du tronc occupent la moiti mdiale
du cordon dont le prolongement aboutit au noyau gracile (g). Celles issues de l moiti
proximale du tronc et dĠun membre suprieur se tassent progressivement dans
la moiti latrale du cordon qui les oriente vers le relais correspondant, le
noyau cuniforme (c). |
fig. 18 |
Rappelons que le cordon postrieur
est emprunt aussi par les fibres I / II de la sensibilit proprioceptive
inconsciente, dtour pour aboutir la colonne de Clarke et son quivalent
bulbaire, le noyau cuniforme latral.
Le deutoneurone
1-
La synapse entre proto & deutoneurones sĠtablit dans les relais
mdullaires et bulbaires. La dcussation des axones qui en partent forment deux
faisceaux de fibres ascendantes vers le relais thalamique:
- le faisceau bulbo-thalamique
(f BT) ou tractus lemniscal mdian ((ex. ruban de Reil mdian) transmet au thalamus controlatral les sensibilits
tactiles et les impressions proprioceptives renseignant sur la position et
lĠorientation des segments corporels;
- le faisceau spino-thalamique
(f ST) vhicule
les sensibilits thermo-algsiques, il rejoint le prcdent dans le tronc
crbral, en se plaant contre son flanc latral. Il fait partie du systme
antro-latral (SAL),
voie ascendante dont les autres composantes aboutissent la substance
rticule et aux noyaux tectaux du tronc crbral
|
fig. 19 |
fig. 20 |
fig. 19: Les deux faisceaux
relient leurs origines respectives (noyaux bulbaires et mdullaires) au noyau latro-ventral et postrieur
du thalamus, principal centre intgrateur des sensibilits . Les messages Ôtraits et intgrsĠ sont ensuite projets
sur le cortex parital partir duquel sĠeffectuent leur dcodage et leur
stockage.. fig. 20: Cette projection est de type 'homothtique' pour la voie
lemniscale, reproduisant sur le cortex point par point le ou les dermatomes
soumis au stimulus; tandis que les sensibilits thermo-algsiques, bien que
perues consciemment ds leur passage par le thalamus, sont diffuses et mal
systmatises. |
2 - L'affluence des messages gnrs
par les stimuli thermo-algsiques peut devenir gnante et insupportable.
Il est donc ncessaire que la voie
spino-thalamique comporte des dispositifs 'coupe-feu' afin de neutraliser,
de filtrer ou dĠaiguiller certains influx hors de cette
voie.
L'inhibition du message nociceptif s'effectue tous les niveaux du nvraxe,
par l'intermdiaire d'interneurones inhibiteurs provenant de la substance
rticule du tronc crbral.
- La fig.
A illustre
le dispositif d'inhibition de niveau segmentaire.
L'interneurone inhibiteur (trac
en bleu) est
activ par la branche descendante du protoneurone de la voie lemniscale.
La synapse de la voie
spino-thalamique se trouve ainsi neutralise, relativement tt, avant lĠarrive
de lĠinflux nociceptif.
|
A
fig. 21 |
B
fig. 22 |
- Un autre mcanisme inhibiteur (fig. 21) fait intervenir des
interneurones de la substance rticule occupant les niveaux plus haut
situs. Les fibres inhibitrices qui sÔen
dgagent (traces en vert) sont activs par des expansions de la voie
spino-thalamique. Leur trajet descendant les amne au niveau segmentaire o s'effectue
la synapse inhibitrice. Le circuit ainsi tabli cre une sorte de 'pige
en boucle' empchant les influx nociceptifs d'aboutir la sphre consciente ________________________ cp : cortex parital / rb : relais bulbaire / rm : relais mdullaire sr : substance rticule / Th : thalamus VL :
voie lemniscale / VST : voie
spino-thalamique |
3-
Les axones des deutoneurones de la sensibilit
proprioceptive proviennent des noyaux basaux de la corne postrieure de la
moelle (colonnes de Clarke et de Betcherew) et du noyau cuniforme latral
(quivalent bulbaire de la colonne de Clarke). Ils constituent deux faisceaux
spino-crbelleux ventral et dorsal, ascendants vers le cervelet. Ils occupant lĠarc priphrique et latral
de la moelle et du tronc crbral.
- Le faisceau spino-crbelleux
dorsal (a) est direct, il relie un noyau de Clarke lĠhmisphre
crbelleux homolatral en empruntant le pdoncule crbelleux infrieur (pci).
|
fig. 23 |
fig. 24 |
- Par contre, le faisceau ventral
(fig. 22) est crois, ses fibres subissent
une dcussation qui les projette vers lĠhmisphre crbelleux du
ct oppos – via le pdoncule crbelleux suprieur (pcs).
Cependant, ces fibres ne font que transiter, elles subissent une seconde
dcussation qui les revoie vers le cortex crbelleux du ct initial. Ainsi,
les affrences proprioceptives font exception la rgle, elles aboutissent
lĠhmisphre crbelleux homolatral, le dcroisement du faisceau ventral
ayant annul les effets de la dcussation initiale. _______________ b : noyau de Betcherew / c : noyau de Clarke f scD : faisceau spino-crbelleux
Dorsal f scV : faisceau spino-crbelleux
Ventral p : noyau propre pci & pcs : pdoncules crbelleux inf. (corps restiforme) &
sup. Th : Thalamus. I/II : protoneurones issus des
rcepteurs musculaires & tendineux |
La sensibilit crnio-faciale
concerne
la partie antrieure du cuir chevelu et de la dure-mre, les tguments et les
muqueuses de la face, les dents, ainsi que lĠappareil masticateur.
Les corps cellulaires des
protoneurones sont agglomrs dans le ganglion de Gasser, lĠquivalent du
ganglion de la racine postrieure dĠun nerf rachidien, mais il sĠen distingue
par sa situation intracrnienne. Les deutoneurones sont situs dans le complexe
nuclaire sensitif du trijumeau.
Les affrences primaires
proviennent des trois territoires faciaux : ophtalmique (V1),
maxillaire (V2) et mandibulaire (V3), elles aboutissent
au ganglion de Gasser par lĠintermdiaire des nerfs nerfs homologues:. Les
axones qui en partent constituent la volumineuse racine sensitive (r s) du nerf
trijumeau qui merge de la face ventrale du pont ; ils aboutissent au
noyau sensitif principal o ils font synapse avec les deutoneurones
correspondants.
|
fig. 25 |
Le complexe sensitif du
trijumeau est une longue colonne de substance grise tendue sur toute la hauteur du tronc crbral,
tout prs de son bord latral. Elle est faite du noyau principal (np)
situ mi-hauteur du pont, en dehors du noyau moteur (m), et de deux
prolongements, msencphalique (pm) et spinal (ps);
lĠextrmit distale de ce dernier se confond avec la zone glatineuse de la
moelle cervicale. - Le
noyau principal est le relais des informations tactiles et
proprioceptives renseignant sur la position de la mandibule. - Le
prolongement spinal est dcomposable, histologiquement,
en trois segments : oral
(1), interpolaire (2) et caudal (3), ce dernier tant mieux
connu pour tre le relais des sensibilits thermo- algsiques. - Le
prolongement msencphalique est une structure aberrante,
une sorte de ganglion rachidien qui aurait migr
lĠintrieur du nvraxe ; il renferme les corps cellulaires des premiers neurones
de la sensibilit proprioceptive qui intervient dans le contrle de la mastication. |
|
Dermatomes de lĠhmiface : a :
frontal / b : maxillaire
/ c : mandibulaire C3 : 3Ħ segment de la moelle
cervicale / C1 : 1er
dermatome crnien. G : ganglion de Gasser / n m : noyau moteur (masticateur)
du V / n p : noyau sensitif
principal/ / p m & p s : prolongements msencphalique & spinal r m & r s : racines : motrice
& sensitive du V / Th : Thalamus /
V1 : nerf ophtalmique / V2 : nerf
maxillaire / V3 : nerf mandibulaire 1 / 2 / 3 : segments : oral,
interpolaire & caudal du prolongement spinal |
|
- Les informations tactiles
picritiques et proprioceptives conscientes sont vhicules par les fibres A § et Aa,
paisses et mylinises. Elles font synapse au niveau du noyau sensitif
principal avec lesdeutoneurones dont les axones rejoignent letractus lemniscal
mdian du ct oppos.
- Les
fibres Ad
et C, les
plus fines, transmettent les impressions thermo-algsiques de lĠhmiface. Elles
quittent le ganglion de Gasser, dcrivent un
trajet descendant
qui longe le prolongement spinal jusquĠ la hauteur de son segment caudal o
elles font synapse avec les deutoneurones dont
les
axones se mlent au faisceau spino-halamique controlatral.
|
fig. 26 |
______________ a : racine sensitive du V /
b : racine motrice / G : ganglion de Gasser /
lm : tractus lemniscal mdial / nc :
noyau caudal / np : n. principal du V st : tractus spino-thalamique / Th : thalamus / a : fibre effrente issue du noyau moteur / § : fibre
affrente tactile/ ĥ :
fibre affrente thermo-algsique 1 :
n. principal / 2 : n. moteur
/ 3 : n. msencphalique 4 :
prolongement spinal / 5 noyau de
Gasser. fig. 27 |
Les informations proprioceptives
renseignant sur la position de la
mandibule sont captes par les
rcepteurs dissmins dans lĠappareil masticateur, elles sont transmises par
les fibres I & II des protoneurones ; les corps cellulaires de ces
derniers ont la particularit dĠtre situs dans le prolongement me
encphalique (3) du
noyau sensitif, et non hors du nvraxe comme cĠest le cas des neurones de 1er
ordre.
Leurs axones aboutissent au noyau
moteur du V qui renferme les motoneurones a initiateurs
du rflexe masstrin en rponse lĠtirement des muscles masticateurs.
Synthse des voies de la sensibilit gnrale
Le schma suivant illustre le trac
des voies de la sensibilit consciente qui nous renseigne sur la qualit de
nos perceptions picritiques et
sur la position de nos segments corporels.
La transmission de
lĠinflux, trs rapide, emprunte les fibres les plus paisses (Aa / A §).
Les fibres provenant dĠun hmi-tronc sont rassembles dans les racines postrieures des nerfs rachidiens, elles aboutissent aux corps cellulaires correspondants contenus dans les ganglions homologues. Les axones de ces protoneurones abordent la moelle par le sillon dorso-latral, longent le flanc mdial des cornes postrieures, montent dans le cordon postrieur et se terminent dans leurs relais bulbaires.
|
fig. 28 |
Les affrences issues dĠun membre
infrieur et dĠune moiti distale du tronc occupent la partie mdiale du
cordon dont le prolongement aboutit au noyau gracile (g). Celles provenant de l moiti proximale du tronc et dĠun membre suprieur forment progressivement la partie latrale du cordon qui les guide vers le relais correspondant, le noyau cuniforme (c). Ces deux noyaux contiennent les deutoneurones dont les axones croisent la ligne mdiane et montent vers le thalamus. Les affrences faciales se distinguent par leurs lieux dĠorigine, les secteurs ophtalmique, maxillaire et mandibulaire. Elles aboutissent par lĠintermdiaire des nerfs homologues au ganglion de Gasser, quivalent dĠun ganglion rachidien. Les deutoneurones sont contenus dans le noyau sensitif principal dĠo partent les deutoneurones dont les prolongements rejoignent leurs homologues dĠorigine bulbaire. Le tassement de lĠensemble des axones forme le
faisceau lemniscal mdial qui se termine dans le 2me
relais, le noyau postro-latro-ventral du thalamus, principal centre
dĠintgration des sensibilits gnrales, dĠo elles sont projetes sur le
cortex parital. ________________________________ C : noyau cuniforme / cp : cordon postrieur / C1 : 1er dermatome cranio-cervical / g : noyau gracile / gG : ganglion de Gasser gs : ganglion spinal / gsĠ : ganglion spinal dĠun segment sus-jacent / lm : lemniscus mdial V1 : territoires ophtalmique / V2 : t. maxillaire / V3 : t. mandibulaire |
Les deux derniers schmas rsument comparativement
les trajets emprunts par les voies de la sensibilit gnrale
(tactile et thermo-algsique). Y figurent lĠempilement de coupes
segmentaires de la moelle et du tronc crbral, surmont de la coupe verticale
de Charcot.
La voie de la sensibilit tactile et proprioceptive consciente est emprunte par des fibres paisses et mylinises, conduction rapide. Elles se placent, en pntrant dans la moelle, en dedans des cornes postrieures, ce qui leur permet de passer directement dans le cordon postrieur quĠelles occupent jusquĠau niveau des relais bulbaires o elles font synapse avec les deutoneurones. Les prolongements de ces derniers croisent la ligne mdiane, leur tassement forme progressivement le tractus lemniscal mdial qui monte en direction du thalamus.
|
fig. 29 |
fig. 30 |
|
a : noyau gracile / b : noyau cuniforme c :
noyau spinal du V cĠ : noyau
cuniforme latral / d :
prolongement du cordon postrieur de la moelle, contenant les axones des
protoneurones avant synapse.B1 / C5 / T5 / L5 : niveaux des coupes segmentaires (bulbe distal et moelle. 1 noyau postro-latro-ventral du thalamus / 2 : tractus lemniscal
mdial (t. LM) : 3 : tractus spino-thalamique (t. ST) § / ĥ : fibres des sensibilits tactile &
thermo-algsique. |
|
II – Le texte :
Les sensibilits
perues au niveau du systme nerveux central dpendent des stimuli capts par
les organes rcepteurs dissmins dans les rgions priphriques de
lĠorganisme. Une varit de ces messages contribue la protection de
lĠorganisme (sensibilits dĠalarme) ; lĠautre varit nous permet de
prendre conscience du monde extrieur et de nous-mmes (sensibilits
critiques).
Les rcepteurs sont des
transducteurs capables de traduire en influx nerveux les stimulations
mcaniques, chimiques ou lectromagntiques auxquelles ils sont soumis. En
principe, chaque type de rcepteur est activ par un stimulus spcifique
dĠaprs sa nature, son intensit, sa dure et sa localisation. Le dcodage du
message travers les voies dites ascendantes sĠexprimera sur le mode conscient
ou non selon sa projection sur le cortex crbral ou crbelleux.
* Les sensibilits tactiles picritiques
sont transmises par les rcepteurs cutans, sensibles aux caractristiques du
toucher (pression, vibration, reconnaissance de la texture dĠun objet, et).
Elles se manifestent par une perception fine et discriminative, capables de
reconnatre et de dcrire un objet les yeux ferms par exemple. Elles diffrent
de la sensibilit tactile protopathique, impression grossire, fugace ou vague,
tel un frlement.
* Les stimulations d'alarme sont de
nature nociceptive ou thermo-algsique; cette dernire dnomination est
plus explicite puisqu'elle rappelle lĠaspect motionnel de la douleur. Leurs
rcepteurs sont de fines terminaisons priphriques, largement dissmines dans
lĠpaisseur de la peau, les muscles, le squelette et le tissu conjonctif. La
sensation de douleur est dclenche par lĠintensit du stimulus ou par le
contact des fibres nerveuses avec les substances peptidiques libres par les
tissus enflamms ou endommags.
* La sensibilit proprioceptive
est dĠorigine osto-musculaire (et labyrinthique). Elle provient des rcepteurs
de lĠappareil locomoteur sensibles la dynamique articulaire, lĠlongation
des muscles (fuseaux intramusculaires), la tension applique aux tendons
(organes de Golgi), etc.
La sensibilit proprioceptive consciente
renseigne sur la position des segments corporels et le sens des mouvements.
Quant son autre aspect impliqu dans les mcanismes crbelleux de contrle
de la motricit, il nĠmerge pas du niveau subconscient.
Les rcepteurs sont des structures
spcialises dveloppes lĠextrmit des prolongements des neurones priphriques (protoneurones). Ce sont des transducteurs capables de traduire en
influx nerveux les stimulations mcaniques, chimiques ou lectromagntiques
auxquels ils sont soumis. En principe, chaque type de rcepteur est activ par
un stimulus spcifique dĠaprs sa nature, son intensit, sa dure et sa
localisation. Le dcodage du message sĠexprimera sur le mode conscient ou non
selon sa projection sur le cortex crbral ou crbelleux.
Ils se prsentent,
morphologiquement, sous deux aspects:
- en terminaisons nues libres, en
bouquets de filaments tals sur les capillaires ou enrouls autour des racines
de poils ; ou
- en capsules pithliales englobant
les extrmits des fibres nerveuses, le dclenchement de lĠinflux est li aux
dformations
mcaniques de ces corpuscules.
Les
rcepteurs sensibles la douleur appartiennent au premier groupe, ce sont des
fibres extrmement fines et dpourvues
de
mylines ; ils sont sensibles aux stimulations thermiques ou mcaniques
intenses, aux effets irritants des substances
libres
par les tissus enflammes ou endommags.
Les principaux rcepteurs tactiles se rpartissent en deux groupes selon leur
degr dĠadaptation aux stimuli : (fig. 08)
* Les
rcepteurs adaptation lente
maintiennent leur dcharge dĠinflux tant que dure le contact avec lĠagent
stimulant, cĠest
le cas des corpuscules de Meissner (mouvement sur la
peau) ou de Pacini (vibration).
* Les
rcepteurs adaptation brve, tels
le disque de Merkel (pression
tactile) et le corpuscule de Ruffini
(identification tactile) ralentissent ou arrtent leur dcharge dĠinflux
bien que la stimulation soit constante ; lĠexemple est celui du contact avec les
sous-vtements dont le frlement nĠest plus peru aprs un bref moment.
Les fibres neuronales vectrices de lĠinflux
se distinguent par leurs calibres, leur degr de mylinisation, la vlocit de
leur conduction, ainsi que par le la nature des stimuli (tact, pression,
vibration, temprature, irritation, etc.). Elles se rpartissent en trois
groupes : A, B & C
*
Les fibres du groupe A sont paisses et mylinises, on les distingue par ordre
de calibre :
- les fibres alpha (a), paisses dĠune vingtaine de m, transmettent les informations proprioceptives
conscientes renseignant sur la position et lĠorientation des segments
corporels. (A titre comparatif, le lymphocyte mesure 5µ de
diamtre, celui des cellules pyramidales atteint 170µ) ;
- les
fibres beta (§), dĠune quinzaine de m dĠpaisseur, vhiculent les
stimuli tactiles picritiques et discriminatifs. Les impressions recueillies
permettent de reconnatre et dĠidentifier par le simple toucher la forme et la texture dĠun objet ;
-
les fibres delta (ĥ), dĠune
demi-douzaine de m
transmettent les impressions de froid et le pic de la douleur vive et
immdiate.
*
Les fibres B appartiennent au systme neuro-vgtatif.
*
Les fibres du groupe C, les plus fines
(1 m),
amyliniques ; leur rcepteur est rduit une simple extrmit libre ;
elles transmettent, vitesse
lente, les sensations de chaleur,
de douleur tardive ou lancinante et des impressions
protopathiques.
- Les
fibres I / II sont les plus paisses ; elles proviennent du systme
locomoteur, elles projettent sur le cervelet les informations relatives
lĠtat des muscles et des tendons en rponse aux contractions.
La transmission de lĠinformation
utilise une chaine neuronale faite dĠau moins trois neurones articuls par deux
synapses. (fig. 07)
-
Le neurone priphrique ou protoneurone est une cellule en T.
Son corps, contenu dans le ganglion rachidien, est
lĠaplomb de la jonction de ses deux prolongements fibrillaires : le
prolongement priphrique provient de rcepteur, il se continue sans
interruption avec le prolongement central. Ces fibres vhiculent
toutes sortes de sensibilits, qui seront tries ds leur contact avec le
nvraxe;
- le
neurone de 2me ordre ou deutoneurone sige dans nĠimporte
quel segment de la moelle ou du tronc crbral,
sa principale particularit est la
dcussation de son cylindraxe en cas de message relevant de la sphre
consciente.
Nous verrons plus loin quĠil en est
autrement des messages destins au cervelet qui font exception cette
rgle.
- le neurone de 3me
ordre ou central relie le thalamus au cortex parital
travers le bras antrieur de la capsule interne.
* On dsigne
gnralement par relais synaptique le
lieu o sĠtablit la communication de lĠinflux dĠun neurone lĠautre.
Il sĠagit en fait dĠune multitude de
neurones dont le regroupement au sein de la substance blanche est dnomm noyau.
Les relais annexs aux
voies ascendantes tout au long du tronc crbral sont donc dans le prolongement
des noyaux cornes postrieures. CĠest leur niveau que sĠeffectuent
progressivement le tri & lĠintgration des messages sensitifs avant leur
projection sur le cortex parital.
- Les relais
mdullaires (fig. 09) sont reprsents par les noyaux de la
corne postrieure (noyau postro latral, noyau propre, noyaux de Clarke, et de
Betcherew;
- Les relais bulbaires
(fig. 10) forment sur la face postrieure du bulbe
trois reliefs qui correspondrent en profondeur aux noyaux gracile (de Goll),
cuniforme (de Burdach) et cuniforme latral de von Monakow).
- Les relais
crbelleux sigent dans le cortex (grains et cellules Purkinje).
- Le noyau latro-ventral &
postrieur est le relais thalamique, cĠest le niveau partir duquel toutes les
informations accdent la sphre consciente, avant dĠtre projetes sur le
cortex crbral.
Les protoneurones
relient les rcepteurs
aux noyaux situs dans la moelle ou le tronc crbral.
Leurs
corps cellulaires sont contenus dans le ganglion rachidien, hors du nvraxe. En
abordant la moelle au niveau du sillon postro-latral, leurs axonesse rpartissent en deux contingents de
fibres :
- Les fibres (Aa, A§ &
I/II) paisses, mylinises,
conduction rapide, longent le bord mdial de la corne postrieure (fig. 11).
- les
fibres Aa et A§ passent directement dans le cordon postrieur (fig. 18) qui les guide vers leurs relais bulbaires (noyaux gracile et
cuniforme) ; elles transmettent
la sphre consciente les impressions proprioceptives et tactiles.
- les
fibres I/II appartiennent au
systme de la sensibilit proprioceptive subconsciente, elles se terminent
directement dans la colonne de Clarke (fig.
17) qui sĠtend en
hauteur de C8 L3. Par contre, les fibres destines aux segments lombo-sacrs
et cervicaux empruntent le cordon postrieur pour aboutir leurs relais
respectifs, le noyau de Clarke et le noyau cuniforme latral.
- Les fibres fines Aĥ et C forment le contingent latral, elles transmettent
les impressions thermiques et douloureuses.
Elles abordent la
corne postrieure travers la zone marginale de Lissauer o elles se
subdivisent en rameaux ascendants et descendants, lĠensemble forme le tractus
marginal (fig. 11). Ces branches parcourent un trajet relativement
court, correspondant en hauteur deux ou trois segments mdullaires avant dĠaboutir
leur relais, le noyau propre. Cette terminaison est directe pour les fibres ĥ.
Par contre, la synapse des fibres C comporte lĠinterposition dĠinterneurones
qui ralentissent la conduction de lĠinflux. (fig.
12)
Autre particularit
de ces fibres de la sensibilit thermo-algsique est leur connexion avec des
rameaux issus de protoneurones Aa situs dans un segment sus-jacent. Ce mode dĠarticulation entre dans le
cadre des mcanismes de contrle de lĠintensit des impressions douloureuses. (fig. 15)
Les
deutoneurones sont situs dans le nvraxe, leurs corps
cellulaires sont contenus dans les relais mdullaires et bulbaires.
En prinipe leurs cylindraxes subissent une
dciussation (fig. 07)
avant leurs terminanison dans les relais correspondants,
thalamuset cervelet. Mais cette rgle ne semble
pas tre applicable – selon les donnes actuelles - aux sensibilits
proprioceptives subconscientes qui aboutissent
au terme de leur trajet au cortex crbelleux homolatral.
Les voies de transmission se distinguent
par la nature de la sensibilit quĠelles vhiculent : tact picritique, thermo-algsique,
proprioceptive inconsciente.
La voie lemniscale (fig. 29 / 30) vhicule
la sensibilit tactile picritique ainsi que la sensibilit proprioceptive
consciente. Les fibres constitutives (Aa, A§),
paisses et mylinises, abordent la moelle par le sillon postro latral, longent le bord mdial de la
corne postrieur et sĠengagent aussitt dans le cordon postrieur o elles se
disposent en deux faisceaux, Les fibres issues de la moiti distale du tronc se
tassent contre la cloison septale, les suivantes occupent progressivement le
reste du cordon. LĠensemble se termine dans les noyaux bulbaires
respectifs : gracile et cuniforme.
La dcussation des
deutoneurones forme au niveau de la calotte de tronc crbral le lemniscus
mdian (ou ruban de Reil mdian) qui monte vers le diencphale, tass
contre la ligne mdiane. Il se termine dans le noyau latro-ventral et
postrieur du thalamus o elles sĠarticulent avec les neurones centraux dont
les projections vers le cortex parital empruntent le bras antrieur de la
capsule interne.
La voie extra
lemniscale (fig. 29 / 30) vhicule
les sensibilits dĠalarme : douleur, excs thermiques et impressions
protopathiques.
Les fibres vectrices Aĥ et C se terminent dans les noyaux de la tte
de la corne postrieure de la moelle (zone glatineuse, noyau propre et
interneurones). Elles sĠarticulent avec les deutoneurones dont les axones
dcussent travers la commissure blanche antrieure, forment au sein du cordon antro-latral de la moelle le faisceau spino-thalamique qui vers le thalamus en se plaant en dehors de la
voie lemniscale.
Les classiques
distinguaient dans le faisceau spino-thalamique deux contingents de
fibres : un faisceau antrieur, vecteur des impressions tactiles
grossires ou fugaces, et un faisceau postrieur transmettant la douleur et les
tempratures intenses.
La tendance actuelle
subdivise ce faisceau en se basant sur lĠaspect phylognique :
ále faisceau palo-spino-thalamique,
principale voie de la douleur, est caractris par la multiplicit des relais
rticulaires et thalamiques dont la projection corticale est diffuse et
mal systmatise ;
álĠautre faisceau, no-spino-thalamique
comporte un seul relais au niveau du thalamus, sa projection sur le cortex est
paritale point par point, il est vecteur de la sensibilit protopathique et
thermique.
QuoiquĠil en soit, le
faisceau spino-thalamique fait partie du tractus antro-latral dont les
autres composantes ( destine rticulaire et tectale) interviendraient dans
les mcanismes dĠinhibition de la douleur. En effet, lĠengorgement de cette
voie par les stimuli douloureux est neutralis ou tout au moins contrl par
lĠinterposition dĠinterneurones inhibiteurs activs par le concours de la
substance rticule et de la voie lemniscale.
La voie
spino-crbelleuse (fig. 23 / 24)
relie les rcepteurs de
lĠappareil locomoteur (fuseaux neuromusculaires, organes tendineux de Golgi,
capsules articulaires) au cortex vermien. Ses fibres priphriques (I / II),
paisses et mylinises, se terminent dans des relais distincts, situs dans la
colonne de Clarke et dans le noyau de von Monakow. Ces relais donnent lieu
deux faisceaux spino-crbelleux qui montent dans lĠpaisseur de la berge du
cordon latral et du tronc crbral.
á
Le faisceau spino-crbelleux dorsal relie directement un noyau de
Clarke lĠhmisphre crbelleux homolatral quĠil rejoint par le pdoncule
crbelleux infrieur ;
á
Le faisceau ventral est classiquement crois, ses fibres sont
projetes vers lĠhmisphre crbelleux du ct oppos – via le pdoncule
crbelleux suprieur. La ralit de cette dcussation est actuellement remise
en cause, ce faisceau serait direct ou doublement crois.
Les voies sensitives
dĠorigine cphalique
Les corps cellulaires des protoneurones
sont contenus dans les ganglions des nerfs crniens :
- le ganglion de
Gasser du nerf trijumeau (V) ;
- le ganglion gnicul du nerf de
Wrisberg (VIIbis) ;
- les ganglions dĠAndersch et
dĠEhrenritter du glossopharyngien (IX) ;et
- les ganglions plexiforme et jugulaire
du pneumogastrique (X).
Le territoire sensitif
des trois derniers relve en grande partie des sensibilits viscrales qui
seront abordes ailleurs.
Le complexe sensitif du
trijumeau (fig. 25)
est une longue
colonne de substance grise tendue sur
toute la hauteur du tronc crbral, tout prs de son bord latral.
Il comprend le noyau principal situ mi-hauteur du pont, en dehors
du noyau moteur, et deux prolongements, msencphalique et spinal ;
lĠextrmit distale de ce dernier se confond avec la zone glatineuse de la
moelle cervicale.
- Le
noyau principal est le relais des informations tactiles et proprioceptives
renseignant sur la position de la
mandibule
controlatrale.
- Le
relais des sensibilits thermo-algsiques occupe le segment distal du
prolongement spinal.
- Quant
au prolongement msencphalique, cĠest une structure aberrante, une sorte de
ganglion rachidien qui aurait migr
lĠintrieur du nvraxe ; il renferme les corps cellulaires des
protoneurones de la sensibilit proprioceptive intervenant
dans
le contrle de la mastication.
- Les informations tactiles
picritiques et proprioceptives conscientes sont vhicules par les fibres A § et Aa ; elles sĠarticulent au
niveau du noyau sensitif principal avec les deutoneurones dont les axones
rejoignent le faisceau lemniscal mdian du ct oppos. (fig. 26)
- Les
fibres Ad et C, les plus fines, transmettent les
impressions thermo-algsiques de lĠhmiface. Elles quittent le ganglion
de
Gasser, dcrivent un trajet descendant qui longe le prolongement spinal jusquĠ
la hauteur de son segment caudal o
elles
font synapse ; les cylindraxes des deutoneurones dussent et se mlent au
faisceau spino-thalamique controlatral.
- Les informations proprioceptives
sont captes par les rcepteurs dissmins dans lĠappareil masticateur, elles
sont transmises par les fibres I & II (fig. 27) dont les corps cellulaires sont
situs, comme cela a t signal, dans le prolongement msencphalique du noyau sensitif. Leurs
axones aboutissent au noyau moteur du V qui renferme les motoneurones a initiateurs du rflexe masstrin
en rponse lĠtirement des muscles masticateurs.
Les centres de perception sont organiss au niveau du thalamus, du
cervelet & du cortex crbral.
- Le cortex
vermien est lĠaboutissement de la sensibilit proprioceptive subconsciente,
point de dpart des mcanismes rgulateurs de la motricit automatique & involontaire.
- Le thalamus,
principalement son noyau latro-ventral-postrieur, est le centre dĠintgration
des sensibilits conscientes.
Les fibres de la sensibilit
discriminative y font relais avant leur projection sur le cortex parital,
tandis que les fibres de la sensibilit prothopatique & algsique sĠy
terminent.
-
Le
cortex crbral parital est le rceptacle de la sensibilit
disriminative. La sensation brute devient perception puis gnosie par
comparaison avec les acquis antrieurs, cĠest le centre de lĠlaboration
psychique & gnosique. On y distingue principalement:
- lĠaire
somato-sensitive (3, 1, 2) occupe la gyrus post central, elle reoit les
sensations tactiles de lĠhmicorps
oppos. Comme pour la reprsentation de lĠhommonculus de lĠaire motrice,
la projection sensitive est
inverse ;
- lĠaire
sensitivo-psychique o sĠeffectue lĠanalyse des sensibilits, elle occupe la
partie postrieure du gyrus post central
(5,7) ;
- lĠaire
sensitivo-gnosique occupe P2 ainsi que le gyrus du pli courbe (*), la prise de
conscience implique lĠacquis
dj
mmoris ;
En conclusion
Nous avons voqu les
trois aspects de la sensibilit gnrale : picritique, thermo-algsique
et proprioceptive subconsciente. Ce dernier mode de sensibilits entre dans le
cadre des mcanismes contrlant la motricit, chapitre trait ailleurs.
Concentrons-nous sur
les deux autres modes de sensibilits conscientes, leur distinction est
purement formelle quand on insiste sur lĠaspect purement anatomique. En fait,
considres du point de vue systmatique, elles sont complmentaires et
intimement intgres.
Rappelons leurs
caractristiques :
á La
voie lemniscale vhiculant les sensibilit tactiles picritiques et
proprioceptive consciente est une voie rapide, usant de fibres paisses et
mylinises qui empruntent le cordon postrieur jusquĠau relais bulbaire. Les
deutoneurones forment aprs dcussation le lemniscus mdian qui aboutit au
second relais, le noyau ventral et postro-latral du thalamus o sĠeffectue
lĠaccentuation de la discrimination des messages, avant leur projection –
via le neurone central - sur les aires somatotopiques o ils seront analyss et
intgrs.
á La
voie extra-lemniscale vhicule les influx gnrs par la temprature, les
impressions nociceptives et protopathiques. Son tronon initial utilise les
fibres les plus fines, peu ou non mylinises, extrmits libres et
vitesse de conduction lente; elles aboutissent aux noyaux de la corne
postrieure directement ou par lĠinterposition dĠinterneurones.
La dcussation des deutoneurones
forme le tractus spino-thalamique fait de deux faisceaux de fibres : le
faisceau dorsal (ou no-spino-thalamique) se termine directement dans le
thalamus, et le faisceau ventral, plus ÔprimitifĠ au sens phylognique, aboutit
au thalamus aprs plusieurs relais travers la rticule du tronc crbral.
La douleur est perue ds le niveau
thalamique qui constitue le seuil de la sphre consciente. Mais la perception
intgre dĠautres phnomnes psychiques, forte charge motionnelle, impliquant
le concours de tout le systme nerveux central.
Cependant,
lĠengorgement du circuit initial de la voie extra lemniscal est plus ou moins
contrl, voire neutralis, par le systme lemniscal qui exerce une action
inhibitrice sur le systme extra-lemniscal par lĠintermdiaire dĠinterneurones
activs par la rticule du tronc crbral. Cette action sĠexerce
principalement au niveau de la corne postrieure.
La rapidit de la voie
lemniscale fait que lĠeffet inhibiteur prcde lĠarrive du message nociceptif
conduction plus lente.
Dductions cliniques
La lsion des voies sensitives sĠexprime par des troubles dont le caractre est
fonction du niveau lsionnel.
- LĠatteinte dĠun
tronc nerveux par traumatisme, compression ou polynvrite dtermine des
symptmes globaux, sensitifs & moteurs topographie tronculaire;
- La lsion portant
sur le ganglion rachidien ou sur la radicelle dorsale sĠexprime par une
anesthsie du dermatome correspondant.
- la section complte
de la moelle se traduit par une anesthsie et une paralysie sous-jacente;
- lĠhmi-section
transverse dfinit le syndrome de Browne-Sequard : paralysie et perte de
la sensibilit profonde homolatrale, et anesthsie ct oppos.
- le tabs dtermine
une dissociation des sensibilits: anesthsie tactile et profonde, et
conservation des sensibilits thermo-algsiques.
- LĠautre type de
dissociation – mais en sens inverse - est li la syringomylie, elle
est caractrise par lĠatteinte de la sensibilit thermo-algsique & la
conservation du tact & de la sensibilit profonde.
- Les lsions du tronc crbral (de nature
vasculaire ou tumorale) dterminent une anesthsie croise, un syndrome
pyramidal et la paralysie dĠun ou de plusieurs nerfs crniens.
- Les lsions du
thalamus (de nature vasculaire) se traduisent par lĠatteinte de la sensibilit
profonde, troubles extra-pyramidaux et
perception des stimuli trs pnible.